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Un cri étouffé

dsc01609.JPGTu te lèves de table, de ce banquet d’anniversaire
où tu as attendu en vain,
que je me lève et prenne la parole.
Articuler des mots dont tous se souviendront
mais j’ai sur la langue une poche de fiel.
L’envie grandissante de la méchanceté,
alors je la boucle. Avec la musique,
tu me tires par la manche
pas rancunière pour deux sous.

Ton visage, tes yeux
à quelques centimètres des miens
me scrutent sans répit
et le réel me pète à la figure.
Je voudrais ne pas te connaître, juste t’embrasser.
Faire l’amour et me tirer.
Seulement ce futur immédiat
roulé en boule sous tes mâchoires
m’intimide, me file la frousse.
Tu attends une force animale
qui te prenne et révèle ta féminité.
Mais nous avons changé de siècle
et toi non plus tu n’es plus très sûre.

Nous nous regardons à la dérobée,
pour ne pas hurler. Ta patience se rétrécit,
j’en vois les bords. Dire qu’hier
je trempais mes mains dans le sang,
plantais mes dents dans le cou d’un oiseau
un couteau noué à la ceinture.

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