Le ruban est tricolore, épinglé sur la poitrine.
Le boss vient de finir son discours.
Maîtrise du verbe excellente bien que soporifique
et comme à son habitude, à l’aise
dans un costume ample.
Hélas ! pour moi, en voyant la remise du chèque
je pense à mes neuf cents euros mensuel,
alors ça me coupe l’envie.
Derrière sur les tables, les toasts poireautent
en rangs serrés, sur des plateaux dorés en carton.
Il a été question de famille, du travail, du devoir accompli.
Le laïus classique quoi !
Je jette un oeil au médaillé
presque ému aux larmes.
Dire que chaque jour il fanfaronne,
joue les durs en se vantant.
Que le boss, c’est pas lui qui l’impressionne,
qu’il peut lui dire ses quatre vérités.
Qu’aussi il ne finira pas sur un lit d’hôpital,
entre route, autoroute et rames de métro,
avec un tuyau dans la narine.
Il bombe le torse une dernière fois,
caresse sa médaille avec fierté
sans oser la retourner,
puis s’extasie en pensant au gueuleton
à suivre…
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coquelinette dit :
Les médailles et autres rosettes sont les hochets des grands zenfants…Arreuh Arreuh
Bien vu !
coquelinette dit :
Bien vu !