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Mauvaise passe

Tout commence par une petite goutte tombant du plafond, rapidement suivie par d’autres pour au final atterrir sur le plancher. Plus possible de faire l’ignorant ou de remettre à plus tard, l’évidence est bien là, nous avons une fuite. A la première éclaircie durable, à l’aide d’une échelle, je grimpe sur le toit. Me voilà donc à la recherche de la ou des tuiles responsables. Par chance rapidement je localise l’objet de mon tracas, une tuile en miette, anéantie par les intempéries successives…

5 janvier 2009 - Aucun commentaire
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Deux pour le prix d’un (2è partie)

Il ne trouve rien de mieux que d’attraper un bout de papier, écrire le prix dessus et le plier. S’engage alors une partie de à toi, à moi. Je dois suggérer un prix et s’il est au delà de celui qu’il propose, nous nous en tiendrons à son prix. Par le plus grand des hasards je tombe pile poil sur son prix. S’en suit alors toute une série de compliments et comme quoi j’ai dû bosser dans le commerce. Au fond du magasin, contrairement à l’entrée, il y fait chaud. Mes enfants sont positivement impressionnés par ce vendeur. Ils le trouvent drôle et sympa. Tout ceci doit bien sûr rester entre nous, il ne déprécie pas sa marchandise avec tous ses clients. Il ne veut pas non plus nous obliger à quoi que ce soit ni nous mettre la pression. Grand seigneur il nous laisse le temps de la réflexion, le temps pour lui de vaquer à ses occupations.
De retour il me demande ce que j’en pense, si j’ai pris une décision. Mais avant de connaître mon avis, il nous cause de son enfance assez terne. Le coq à l’âne, un exercice qu’il maîtrise. Mes enfants sont emballés mais moi j’ai un budget, alors son offre c’est non. Qu’à cela ne tienne, il a la solution. Je peux payer en plusieurs fois sans frais. En trois fois si je veux.
Là aussi il fait choux blanc. Alors il va me faire une proposition que je ne pourrai pas refuser. En plus du manteau, il en rajoute un autre, le tout pour 250 euros. J’ai oublié de dire que le premier manteau est garanti cinq ans et que dans vingt ans ma fille l’aura encore et pensera à moi. Je décide que le marchandage a assez duré, lui achète malgré tout un manteau -dans mes prix-, ainsi nous quittons son magasin sans oublier de nous saluer. Et pour lui, ravi de nous avoir rencontrés.
A une prochaine fois lorsque vous reviendrez dans notre belle ville.

29 décembre 2008 - 1 commentaire
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Deux pour le prix d’un

Première partie.
Comme nous nous baladons le long des allées et juste avant d’arriver à la piscine, nous nous arrêtons devant un magasin de fringues, essentiellement des manteaux. Le vendeur ne tarde pas à nous mettre le grappin dessus. D’ordinaire je sors une phrase passe partout, du genre : “non merci, je jette seulement un coup d’oeil.”
Est-ce parce que nous avons du temps à perdre, nous nous laissons alpaguer et pire même, entraîner jusqu’au fond du magasin. Là où les prix sont les plus chers. Rapidement le vendeur nous confie que nous lui sommes sympathiques. Qu’il n’hésitera pas à nous faire une remise sur le prix affiché. Puis il nous cause de son magasin, que pour lui les affaires marchent plutôt bien. Il propose alors à ma fille d’essayer un manteau. Il propose plusieurs manteaux. Celui qui lui va le mieux n’a pas d’étiquette. Devant ma moue circonspecte, il dédramatise et me dit qu’il n’y a pas de problèmes, seulement des solutions. Nouvelle diversion, il nous raconte qu’enfant il avait voulu une mobylette mais que son père n’avait pas assez d’argent. Le vendeur n’avait rien voulu savoir, pas de ristourne, le prix était le prix. Je vous laisse imaginer la tristesse et la frustration du gamin. Alors si aujourd’hui il peut faire des heureux, ça suffit à son bonheur.
Je finis par savoir le prix du manteau, 400 euros. Mais comme je vous l’ai dit, nous lui sommes sympathiques alors il va faire un geste que je ne pourrai refuser.

28 décembre 2008 - 1 commentaire
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Gentil mais un vent tout de même

Je connais bien ce commerçant, nous avons l’habitude de plaisanter. Il m’oblige à avoir de la répartie, à ne pas rigoler bêtement de ses jeux de mots. Ainsi notre improbable duo peut fonctionner. Je me dois de le repousser un tant soit peu dans les cordes. Ce matin pourtant il y a une ambiance mi figue mi raisin, que je remarque aussitôt. De fil en aiguille j’apprends qu’une de ses employée a commis une boulette. Errare humanum est! Mais ça n’a pas l’air de le faire rire.
Elle a, par je ne sais quelle naïveté, accepté le chèque d’un client sans les traditionnelles garanties. Alors le trou dans la caisse, inéluctablement, s’est formé sous ses yeux pour ainsi dire. A-t-elle eu à faire à un beau parleur, qui lui a fait oublier jusqu’aux règles les plus élémentaires de la précaution, un baratineur de première ? Toujours est-il que le commerçant en a perdu sa bonhomie légendaire, l’espace d’une matinée.
Cerise sur le gâteau et profitant sans doute de cet instant de disgrâce de sa collègue, l’autre employée croyant soulever un lièvre et donc se faire mousser, vient mettre sur le tapis la plainte d’un client. Pas quelque chose de bien méchant mais comme elle sait que la devise du patron tient en trois mots : “le client est roi”, l’occasion est trop belle pour ne pas enfoncer le clou. Les voilà tous partis dans les ordinateurs, à faire remonter les fichiers pour savoir qui a servi le client mécontent.
Mieux fait de se taire ou comme on dit plus vulgairement, perdu une occasion de la fermer.
En effet, contre toute attente et certaine du contraire, c’est son prénom-celui de Magali-qui est apparu.
Beau joueur sur ce coup le commerçant a préféré en rester là. Quant à Magali elle est devenue écarlate comme une pivoine.
C’est ce matin là donc, au milieu de tout ça, que je me pointe la tête enfarinée, pour, presque sûr de mon fait, lui vendre un calendrier. Hélas! il ne l’entend pas de cette oreille. Et de me dire qu’à son époque les voyages scolaires se faisaient à La Rochelle. Et qu’il ne comprend pas pourquoi les profs mettent ainsi à contribution les familles. J’ai beau argumenter, qu’ils ont du mérite, qu’aujourd’hui c’est l’Europe, que les échanges se font avec des classes de pays étrangers. Rien à faire mais je ne lui en veux pas, même pour un calendrier à deux euros.

14 décembre 2008 - 1 commentaire
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Un cri étouffé

dsc01609.JPGTu te lèves de table, de ce banquet d’anniversaire
où tu as attendu en vain,
que je me lève et prenne la parole.
Articuler des mots dont tous se souviendront
mais j’ai sur la langue une poche de fiel.
L’envie grandissante de la méchanceté,
alors je la boucle. Avec la musique,
tu me tires par la manche
pas rancunière pour deux sous.

Ton visage, tes yeux
à quelques centimètres des miens
me scrutent sans répit
et le réel me pète à la figure.
Je voudrais ne pas te connaître, juste t’embrasser.
Faire l’amour et me tirer.
Seulement ce futur immédiat
roulé en boule sous tes mâchoires
m’intimide, me file la frousse.
Tu attends une force animale
qui te prenne et révèle ta féminité.
Mais nous avons changé de siècle
et toi non plus tu n’es plus très sûre.

Nous nous regardons à la dérobée,
pour ne pas hurler. Ta patience se rétrécit,
j’en vois les bords. Dire qu’hier
je trempais mes mains dans le sang,
plantais mes dents dans le cou d’un oiseau
un couteau noué à la ceinture.

24 octobre 2008 - Aucun commentaire
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Remise de médaille

Le ruban est tricolore, épinglé sur la poitrine.
Le boss vient de finir son discours.
Maîtrise du verbe excellente bien que soporifique
et comme à son habitude, à l’aise
dans un costume ample.
Hélas ! pour moi, en voyant la remise du chèque
je pense à mes neuf cents euros mensuel,
alors ça me coupe l’envie.
Derrière sur les tables, les toasts poireautent
en rangs serrés, sur des plateaux dorés en carton.
Il a été question de famille, du travail, du devoir accompli.
Le laïus classique quoi !
Je jette un oeil au médaillé
presque ému aux larmes.
Dire que chaque jour il fanfaronne,
joue les durs en se vantant.
Que le boss, c’est pas lui qui l’impressionne,
qu’il peut lui dire ses quatre vérités.
Qu’aussi il ne finira pas sur un lit d’hôpital,
entre route, autoroute et rames de métro,
avec un tuyau dans la narine.

Il bombe le torse une dernière fois,
caresse sa médaille avec fierté
sans oser la retourner,
puis s’extasie en pensant au gueuleton
à suivre…

6 octobre 2008 - 2 commentaires
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Clic-clac

200808-011.jpgOublier la civilisation
et ses cheminées d’industries
pleines de capitaines,
ses armes lourdes, blanches, légères.
Son manque d’amour, ses tunnels,
ses lignes directrices, ses grues qui font le pied.
Oublier les énormités, les désherbants,
le rapport qualité prix,
les biens sous tout rapport.
Oublier sa frénésie, ses globes oculaires froids,
ses êtres tournoyant,
sa terre mesurée, morcelée,
sous des cieux en lambeaux.
Oublier les heures harassantes,
les épouvantails, les engrenages,
les roues crantées.
Mais la route que j’emprunte m’emporte
et se dérobe sous mes pieds. Glissement de terrain.
Je croyais trouver quelque part
des ramasseurs de trèfles, des galopeurs d’espace.
Oublier ses abris-bus, les gueules d’anges bouffies,
les paquets d’hormones,
ses sportifs aromatisés aux huiles essentielles,
centièmes de seconde. Clic-clac !

24 septembre 2008 - 1 commentaire
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Féria !

Armada d’objets,
rangées de suppositoires
pour rendre l’humeur badine.
Ecouvillons en berne.
Plainte incessante des insectes,
abasourdissante phase nuptiale,
dards pointés, cliquetis des ailes.
Ricanements de sangliers hirsutes
qui déboulent avec,
accrochées à leurs pattes,
les viscères fumantes de chiens éventrés.
Ironie du sort.
Dans la poussière au pied du totem,
le sang et les emblèmes
de hurons en furie, de scalps,
de matière devenue grise,
de corpulences avachies.
Alors poudre d’ivoire, corne
et perlimpinpin pour remédier.

Tout se met en branle, tonitrue
entre Casserole et Grande Ourse,
j’ai plaqué sur l’esgourde, un vaste coquillage.

8 septembre 2008 - Aucun commentaire
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Rendez-vous de dernière minute avec Mona Lisa

Je monte puis descends des escaliers,
traverse des galeries, des époques, des couloirs.
Je marche sur de la pierre taillée, du marbre poli,
du parquet ciré et usé par les millions de pieds
qui ont aussi rendez-vous avec elle.

Quand je l’entraperçois, il y a déjà foule.
Suis pas le seul à me presser, curieux,
à négliger les autres toiles.
Les flashes crépitent, les remarques fusent.
Une femme d’âge mûr, tout en contemplant le tableau,
se fait sucer les doigts par son chihuahua.
Je parviens à me frayer un passage.
C’est vrai qu’elle semble sourire avec ironie
et détachement et regarde chacun en particulier.
Comme si elle avait un mot cru
à nous glisser dans le creux de l’oreille.

A mes côtés deux adolescentes ont ce commentaire :
“Tu ne vois pas qu’elle fasse un clin d’oeil!”.
Tandis que d’autres chaussés de baskets,
blaguent sur elle en anglais
en mâchouillant une gomme.

8 septembre 2008 - 2 commentaires
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Hors des gonds

Coups de klaxons,
noms d’oiseaux qui fusent
et les moues se font sévères.
La patience a ses limites.

L’un des types saisit une sangle
à l’arrière du fourgon
et la boucle à l’extrémité
se met à décrire un cercle.

La voix, le regard
tout est intimidation
on se croirait au far west,
jusqu’à ce qu’un passant s’en mèle,
qui les sépare.
Parce que tout ça, tout ce cirque
finalement, c’est très con.

Les têtes apparues aux fenêtres
se retirent. Le spectacle est fini.
La tension retombe peu à peu
le calme revient.
Le type finit de décharger son camion,
puis file dare-dare.
Tout est fluide à nouveau.

24 août 2008 - Aucun commentaire
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